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Le Chantier d’Apprentissages Mathématiques Interactifs (CAMI) accompagne la réforme au Nouveau-Brunswick

PAR MAURICE LANGLAIS, DISTRICT SCOLAIRE 1, NANCY VÉZINA, UNIVERSITÉ D’OTTAWA ET VIKTOR FREIMAN, UNIVERSITÉ DE MONCTON
21 janvier 2005
Dans cet article, nous présentons une approche innovatrice en enseignement de la résolution de problèmes mathématiques. Le Chantier d’Apprentissages Mathématiques Interactifs (CAMI) est le fruit d’une collaboration entre l’Université de Moncton et le District scolaire 1 du Nouveau-Brunswick. Basé sur le site Web CAMI (www.umoncton.ca/cami), le projet vise l’amélioration de compétences en résolution de problèmes chez les élèves francophones de tous les niveaux scolaires. Les élèves résolvent différents problèmes mathématiques proposés dans le site et envoient, via Internet, leurs solutions détaillées à l’Université pour recevoir, par la suite, une rétroaction personnalisée de la part des étudiantes et des étudiants en formation didactique. Ces derniers perfectionnent leurs connaissances didactiques en mathématiques quant à l’évaluation formative et l’intégration des technologies en enseignement des mathématiques. La participation au projet leur permet de mieux comprendre le raisonnement mathématique de l’élève ainsi que sa façon de communiquer en mathématiques. En plus, la banque de problèmes du CAMI est une ressource didactique qui peut être utilisée selon différentes approches dans la salle de classe par les enseignantes et les enseignants du milieu scolaire.





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Introduction : l’enseignement des mathématiques et la réforme scolaire

L’enseignement des mathématiques du début du 21e siècle subit plusieurs changements importants. La résolution de problèmes, la communication et les nouvelles technologies sont devenues des éléments-clés des nouveaux programmes élaborés dans les différentes sociétés de notre planète. Mettant l’accent sur la construction des savoirs mathématiques, la compréhension des concepts mathématiques et le développement des habiletés cognitives et métacognitives, l’école de demain tente de répondre aux besoins particuliers de l’élève en respectant son rythme d’apprentissage, sa façon de communiquer et son savoir-être afin d’assurer le progrès de chaque apprenante et apprenant.

Le cadre théorique du programme de mathématiques du Nouveau-Brunswick souligne le rôle important de la résolution de problèmes en mathématiques : « L’activité mathématique vraie se confond largement avec la résolution de problèmes. Cette dernière doit occuper une place centrale dans l’enseignement et l’apprentissage des mathématiques, ce à tous les niveaux » (MENB, 2000, p. 17). La résolution de problèmes est donc une composante essentielle dans l’apprentissage des mathématiques. Les élèves peuvent apprendre les mathématiques par l’exploration de problèmes qui présentent des défis intéressants, qui sont pertinents et qui demandent de s’investir dans une démarche de résolution. Selon Kilpatrick, Swafford et Findell (2001), la résolution de problèmes permet de développer des processus importants comme l’utilisation de différentes représentations, le recours à la communication et l’observation de liens entre différentes idées mathématiques. La création de nouvelles ressources didactiques pouvant aider les enseignantes et enseignants à mettre en place des situations d’apprentissage riches et variées, qui sont axées sur la résolution de problèmes, devient ainsi une tâche importante dans l’optique de la réforme scolaire.

Des travaux récents dans le domaine de l’apprentissage des mathématiques révèlent que la communication d’idées mathématiques devrait prendre une place plus importante dans le processus d’apprentissage (Lampert et Cobb, 2003 ; Sfard, 2003 ; 2001). Comme le précise Pugalee (2001), lorsque l’on donne aux élèves l’occasion de communiquer leurs idées mathématiques, ces derniers doivent avoir recours à des procédures et des habiletés cognitives qui sont essentielles au développement de la pensée mathématique. Communiquer des idées mathématiques, c’est donc participer à la construction de la compréhension des mathématiques. Il faut toutefois que ces activités de communication soient authentiques et qu’elles aient un sens pour l’élève. L’utilisation des technologies de l’information et des communications (TIC) peut devenir une avenue intéressante pour créer ces situations pertinentes.

Le développement des TIC ouvre de nouvelles voies d’intégration pour toutes les disciplines y compris les mathématiques. Le National Council of Teachers of Mathematics (2000) considère l’utilisation de la technologie comme un facteur essentiel lors de l’apprentissage et de l’enseignement des mathématiques. Non seulement elle peut influencer le choix des contenus mathématiques mais surtout, elle pourrait permettre aux élèves d’accroître leurs connaissances mathématiques. Dans le cas de notre projet, les technologies de l’information et de la communication permettent de créer des ponts entre deux communautés, le milieu scolaire et le milieu universitaire. Les échanges qui sont effectués favorisent ainsi le développement d’une réflexion mathématique axée sur des processus de communication.

C’est donc à partir d’une réflexion sur ces trois composantes du programme de mathématiques, c’est-à-dire l’importance de la résolution de problèmes, le rôle de la communication d’idées mathématiques et l’utilisation des TIC, que nous avons élaboré le projet CAMI.

La communauté virtuelle CAMI : historique du projet

Le Chantier d’Apprentissages Mathématiques Interactifs (CAMI) est un site Web portant sur la résolution de problèmes mathématiques (voir figure 1). Issu d’une collaboration entre la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Moncton et le District scolaire 1 au Nouveau-Brunswick, ce projet tente de répondre à différentes préoccupations émanant des milieux scolaire et universitaire.

Dans un premier temps, le projet CAMI se veut un outil pour aider les élèves francophones de la province à développer des habiletés en résolution de problèmes et en communication d’idées mathématiques.

Figure 1. La page d’accueil du site CAMI (www.umoncton.ca/cami)

Dans un deuxième temps, le CAMI est un outil de formation pour les étudiantes et les étudiants en éducation de l’Université de Moncton. Il vise donc à développer chez ces derniers :
-  1) une compréhension du rôle de la technologie dans l’apprentissage des mathématiques,
-  2) des habiletés en évaluation formative et
-  3) une compréhension du raisonnement utilisé par les élèves lors de l’apprentissage des mathématiques, particulièrement dans un contexte de résolution de problèmes.

Depuis septembre 2000, on tente d’intéresser les élèves francophones au projet en leur lançant le défi annuel de 120 nouveaux problèmes mathématiques répartis sur 30 semaines et selon 4 niveaux de difficulté (Apprenti, Technicien, Ingénieur et Expert). Les problèmes de la catégorie Apprenti s’adressent plus particulièrement aux élèves du début de l’élémentaire (des enfants de 5 à 8 ans). Ceux de la catégorie Technicien visent davantage les élèves des niveaux scolaires suivants (des jeunes de 9 à 12 ans). Ceux de la catégorie Ingénieur s’adressent aux élèves de la fin de l’élémentaire (des jeunes de 13 à 15 ans). Finalement, les problèmes de la catégorie Expert sont conçus pour les étudiants du secondaire (des jeunes de 16 à 18 ans). Il est toutefois important de noter que les élèves sont libres de choisir le niveau qui correspond à leurs intérêts et à leurs besoins. Des exemples issus des quatre catégories peuvent être consultés dans le site.

La sélection des problèmes pour le site CAMI s’effectue selon deux processus différents. D’abord, les problèmes utilisés pour les catégories Technicien, Ingénieur et Expert proviennent de la banque de problèmes du MathForum (www.mathforum.org). Une entente, avec les responsables MathForum, nous permet de traduire et d’adapter en français les problèmes archivés de leur site. Pour ce qui est des problèmes de la catégorie Apprenti, il s’agit de problèmes originaux créés par l’équipe du CAMI.

Le fonctionnement du CAMI est relativement simple. À partir de la deuxième semaine de septembre, quatre nouveaux problèmes (un par catégorie) apparaissent dans le site chaque lundi. Les jeunes peuvent choisir un problème, le résoudre, remplir le formulaire électronique et l’envoyer à l’équipe du CAMI durant la semaine. Les fins de semaine sont réservées aux participants de l’Université de Moncton qui évaluent chaque solution, rédigent et envoient par courriel une rétroaction personnalisée à chaque jeune et choisissent quelques solutions intéressantes à présenter dans le site. De plus, un commentaire général portant sur l’ensemble des solutions est rédigé et placé dans le site.

L’équipe du CAMI est composée de didacticiens des mathématiques, de programmeurs, d’assistantes et d’assistants de projet, ainsi que de tous les étudiants et étudiantes qui suivent le programme de formation initiale en éducation à l’Université de Moncton (environ 400 depuis le début du projet). En réunissant les forces de chacun et chacune, nous gérons les différentes composantes techniques du projet et nous répondons en moyenne à 150 solutions par semaine.

Le site Web CAMI : une banque de problèmes riches et variés

Inspirés par le site américain MathForum (www.mathforum.org), nous proposons aux jeunes des problèmes variés, ouverts à différentes interprétations et différentes stratégies, faisant appel à plusieurs concepts et notions. Ces problèmes incitent les jeunes à réfléchir, à se questionner, à faire des liens et à raisonner mathématiquement. Cela leur permet de développer des compétences liées aux différents domaines des mathématiques, tels que les nombres et les opérations, les relations et les régularités, la géométrie et la mesure, les statistiques et les probabilités. Après avoir été résolus, les problèmes sont archivés (http://www2.umoncton.ca/cfdocs/cami/cami/probarc.htm) avec un accès possible par catégorie, par numéro, par titre ou par mots-clés. Cette section du site devient donc une ressource très intéressante pour les enseignantes et enseignants qui sont à la recherche de problèmes mathématiques diversifiés et pertinents pour leurs élèves. Nous tenons à préciser que toutes les composantes du site sont accessibles gratuitement.

Les participants au projet : les élèves, les enseignants et les étudiants

Le projet s’adresse à tous les élèves de la maternelle à la 12e année. Dès que le problème de la semaine est affiché dans le site, les élèves peuvent travailler individuellement, en petits groupes ou présenter une solution au nom de la classe entière. Afin de communiquer leurs démarches, ils peuvent remplir le formulaire électronique qui est disponible dans le site (voir figure 2) ou préparer un document électronique (Word, RTF, etc.).

Les solutions sont ensuite envoyées à l’équipe du CAMI en appuyant sur le bouton « Envoyer votre réponse » si l’élève utilise le formulaire électronique ou comme pièce jointe d’un courriel à l’adresse cami@umoncton.ca. Les élèves reçoivent une rétroaction personnalisée de la part des étudiantes et étudiants de l’Université de Moncton. Ils peuvent également consulter des commentaires généraux, ainsi que quelques solutions intéressantes qui sont affichées dans le site le lundi suivant.

Figure 2. Le formulaire électronique disponible dans le site (http://www2.umoncton.ca/cfdocs/cami/camip.htm)

Les enseignantes et les enseignants de tous les niveaux scolaires peuvent se servir du site de plusieurs façons. Ils peuvent faire participer leurs élèves au projet en les incitant à envoyer des solutions de façon hebdomadaire, ou à l’occasion, lorsque cela va de pair avec leur enseignement. Ils peuvent organiser le travail pour que les élèves explorent le problème seuls, en petits groupes ou collectivement. Le projet donne aussi la chance d’organiser une activité d’enrichissement, en donnant un défi de taille à chaque élève, en explorant le caractère ouvert des problèmes du CAMI. La banque de problèmes archivés permet aux enseignants de trouver des problèmes qui font appel à tous les savoirs essentiels et toutes les compétences visées par le programme de mathématiques. Les enseignants peuvent également utiliser les sujets du CAMI afin de construire différentes situations-problèmes dans leur salle de classe. Le projet permet de développer chez l’élève les compétences liées à l’utilisation des TIC (Internet, traitement de texte, etc.). D’autres liens interdisciplinaires peuvent aussi être réalisés par l’entremise du projet. Par exemple, les messages qui sont envoyés nécessitent des habiletés au niveau de la rédaction, une habileté qui découle de l’apprentissage de la langue.

Les étudiantes et les étudiants trouvent dans le projet un outil didactique qui les aide à s’approprier les nouveaux courants en enseignement des mathématiques et à construire leurs savoirs didactiques en contact direct avec de vrais élèves. La participation au projet à titre d’assistantes et d’assistants leur permet de construire une grille d’évaluation formative tenant compte de critères généraux et de développer leurs propres critères spécifiques au problème. Pour cela, ils doivent faire une analyse didactique du problème en essayant d’anticiper les stratégies des élèves et les difficultés possibles tout en restant ouverts aux idées originales. L’étape suivante consiste à évaluer la solution de l’élève et à rédiger une rétroaction personnalisée qui pourra à la fois le guider dans le processus de construction des savoirs mathématiques et en même temps l’encourager à continuer de participer au projet. À partir de l’ensemble des solutions évaluées, les étudiantes et étudiants doivent être en mesure de composer un commentaire général et de choisir des exemples de solutions. Faisant partie de la formation didactique en mathématiques, le projet permet aux étudiantes et étudiants de mieux comprendre le rôle des problèmes dans l’apprentissage des mathématiques ainsi que de mieux saisir le raisonnement mathématique de l’élève. Durant toutes les étapes du projet, les étudiantes et les étudiants de l’Université de Moncton sont encadrés par un didacticien qui les aide selon les besoins. De plus, certaines discussions, dans le cadre de la formation en didactique, permettent de clarifier différents aspects du projet (analyse des problèmes, analyse des solutions, rédaction des rétroactions, etc.).

Une illustration du fonctionnement du CAMI

Nous présenterons, dans la section suivante, les différentes étapes qui sont réalisées à partir du moment où un nouveau problème est affiché dans le site CAMI. Notre illustration porte sur un problème du niveau Apprenti. La première étape consiste à afficher dans le site, le lundi matin, un problème comme celui qui est présenté à la figure 3. Durant la semaine, les élèves qui veulent participer aux activités du CAMI font parvenir une solution par l’entremise du formulaire électronique ou par courriel.


APPRENTI et APPRENTIE

114 - Un sac à dos et plusieurs livres !
 

Étienne vient de terminer un projet pour lequel il avait dû emprunter plusieurs livres à la bibliothèque de son quartier. Il prévoit qu’en utilisant son sac à dos qui peut contenir environ 5 livres, il devra faire plusieurs visites à la bibliothèque.Si Étienne veut rapporter les 26 livres qu’il avait empruntés, combien de voyages devra-t-il faire entre sa maison et la bibliothèque de son quartier ? N’oublie pas d’expliquer ta démarche et ta solution à l’aide de phrases complètes. © Tous droits réservés


Figure 3. Un problème du niveau Apprenti

La deuxième étape consiste à évaluer les solutions reçues. Un message personnalisé est rédigé et envoyé à chaque élève par les étudiantes et étudiants en formation à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Moncton. Le tableau 1 présente deux exemples de solutions reçues pour le problème « Un sac à dos et plusieurs livres ! » et les rétroactions qui ont été formulées par une étudiante de l’Université.

Tableau 1 : L’évaluation du problème « Un sac à dos et plusieurs livres ! ».

Solution reçue Message personnalisé envoyé à l’élève
J’ai trouvé ma réponse en additionnant 5+5+5+5+6=26.

Marie-Pier

Bonjour Marie-Pier ! Je te remercie d’avoir participé au problème de cette semaine. Je vois que tu as trouvé une réponse en effectuant une addition. Celle-ci pourrait être bonne, mais j’ai de la difficulté à comprendre ta solution. J’aurais aimé que tu m’expliques pourquoi tu as fait cette addition et pourquoi tu as additionné un six à la fin, afin que je puisse comprendre ta réponse. À l’avenir, je t’encourage à expliquer davantage tes réponses. Cela pourrait t’aider dans tes apprentissages.

Jessica pour le CAMI

Les éléments importants sont :
-  Le sac peut contenir 5 livres
-  Il veut rapporter 26 livres Alors la phrase mathématique est vingt-six (pour livres à ramener) divisé par cinq (livres qu’il peut ramener dans son sac) égale à cinq et reste un. J’en déduis qu’il faut six voyages parce qu’il reste un livre. Mais, pour le dernier livre il pourrait aussi bien l’emporter avec lui mais si on suit se qui est écrit dans le texte, c’est 6 voyages. FIN Merci !!!! :-)

Sophie

Bonjour Sophie ! Je te remercie d’avoir participé au problème de cette semaine. Je vois que tu as très bien interprété le problème et que tu as ressorti les éléments importants, c’est très bien. Ta phrase mathématique est aussi bien expliquée et tes calculs sont bien faits. Tu as une bonne idée en disant qu’il pourrait emporter le dernier livre avec lui et il est aussi bien de dire qu’il peut faire 6 voyages. Je te félicite pour ton beau travail et ta bonne idée.

Jessica pour le CAMI

Une fois l’évaluation et les rétroactions personnalisées complétées, les étudiantes et étudiants de l’Université doivent effectuer la dernière étape de la démarche qui consiste à compléter les informations que l’on retrouve dans le site. D’abord, un commentaire général, à propos de l’ensemble des solutions reçues, est formulé et inséré dans la section « Solution du dernier problème ». Le nombre de solutions reçues est comptabilisé et quelques solutions intéressantes sont choisies et présentées dans le site. Finalement, les prénoms des élèves qui ont réussi le problème sont affichés. Le tableau 2 présente un commentaire général puis les solutions qui avaient été choisies pour le problème « Un sac à dos et plusieurs livres ! ».

Tableau 2 : Les informations complémentaires affichées dans le site CAMI

Commentaire général
Bonjour les amis,Premièrement, nous aimerions vous remercier et vous féliciter d’avoir fait un effort dans le problème Apprenti « Un sac à dos et plusieurs livres ! ». La plupart d’entre vous n’ont pas éprouvé de difficulté. Ce problème demandait aux élèves de choisir une stratégie afin de trouver combien de trajets Étienne devra faire pour réussir à retourner ses 26 livres à la bibliothèque. Des méthodes diverses ont été utilisées afin de parvenir à trouver une bonne réponse. Plusieurs élèves ont démontré leurs calculs mathématiques de façon claire et précise, ce qui nous a permis de bien comprendre le raisonnement de chacun. Vous avez pu constater qu’il est important de lire le problème plusieurs fois afin de vous aider à mieux le comprendre. Pour vous aider dans votre démarche, vous pouvez commencer par ressortir les données du problème. Il ne faut surtout pas oublier d’écrire une phrase mathématique complète pour démontrer votre compréhension. Vous avez présenté des bonnes solutions et des bonnes démarches. Nous vous encourageons à participer aux autres problèmes à venir. Encore une fois, nous vous félicitons pour votre beau travail. Nous vous invitons à aller voir les solutions exemplaires qui se trouvent ci-dessous. Continuez votre beau travail !Jessica et Manon pour le CAMI

Solutions intéressantes
Nous avons reçu 51 réponses pour ce problème.Parmi ces dernières, 43 solutions correctes ont été soumises.

Voici quatre démarches qui ont été présentées et que nous trouvons particulièrement intéressantes pour résoudre ce problème.


Nous avons trouvé plusieurs solutions. En voici quelques-unes. La réponse pourrait être 6, car Étienne en apporte 5 les cinq premières fois, puis, la sixième fois, il en apporte 1. 5+5+5+5+5+1=26 ou (5x5)+1=26

Une autre possibilité serait aussi 6, mais calculé de la façon différente, et voici : La première fois, il en apporte 4. La deuxième fois, il en apporte 5. La troisième fois, il en apporte 5. La quatrième fois, il en apporte 5. La cinquième fois, il en apporte 2. Puis, la sixième fois, il apporte le reste, 5. 4+5+5+5+2+5=26

Une autre possibilité serait de faire 7 voyages. Les six premiers, Étienne en apporterait 4 et la dernière fois, il en apporterait 2. 4+4+4+4+4+4+2=26 ou (6x4)+2=26

Une autre possibilité serait de faire 9 voyages. Les huit premiers, il apporte3 livres et le dernier voyage, il en apporte 2. 3+3+3+3+3+3+3+3+2 =26 ou (8x3)+2=26

Il y a encore cette possibilité où Étienne apporterait 2 livres à la fois. Doncil ferait 13 voyages. 2+2+2+2+2+2+2+2+2+2+2+2+2=26 ou 13x2 = 26 Il pourrait vouloir y aller plus souvent et faire 26 voyages, s’il en apportait 1 à la fois. 1x26=26

Étienne pourrait choisir d’autres façons de faire, l’important c’est d’en apporter environ 5 à la fois.

La classe de Madame Cécile, École l’Amitié


Eh bien ! J’ai commencé par lire mon problème plusieurs fois et j’ai encerclé les informations importantes. Il y a 26 livres et il ne peut qu’en emporter 5 à la fois. Donc, j’ai divisé les livres pour trouver ma réponse. J’ai trouvé un nombre de voyages ! Voici mon travail :
J’ai additionné les livres ensemble : 5+5+5+5+5+1=26 Donc, Il a fait 6 voyages !

Mélanie, École Terre des Jeunes


S’il y a 26 livres et il peut seulement en emporter 5 à la fois. Alors, il fera 5 voyages de 5 livres et, le dernier voyage, il emportera un livre dans sa main.

Chantale, École C. S. C. Lafontaine


Étienne a fait cinq voyages en tout. Il a fait 4 voyages avec 5 livres dans son sac. Donc, ça donne 20 livres. Après, il a fait 1 voyage avec 6 livres. Parce que dans le texte il dit qu’il peut apporter environ 5 livres par voyage. Phrase mathématique : 4x5=20 6x1=6 20+6=26

Dean, École Terre des Jeunes

Les résultats du CAMI

Il est difficile de mesurer de façon tangible les résultats du projet CAMI. Nous avons cependant reçu, depuis quatre ans, une quantité considérable de témoignages qui nous permettent de conclure que le projet CAMI est très apprécié par tous les intervenants (élèves, parents, enseignantes et enseignants, étudiantes et étudiants en formation à l’Université de Moncton, etc.). Nous présentons quelques exemples de ces nombreux témoignages.

Pour vous dire de la part de mon école que vous avez un site superbe. On a la chance de s’améliorer en mathématiques, donc ça nous donne quelque chose à faire au cours de maths sur l’ordinateur. Je vous aime bien vous êtes gentils ! Vous êtes "cool" !
Un élève

Une petite pensée concernant tout le personnel des solutions CAMI. Nous sommes fières de vos personnes qui travaillent sur le projet CAMI. Cela nous pratique pour plus tard. Nous sommes satisfaits de vos superbes problèmes très intéressants et bien expliqués. Merci de prendre le temps de corriger nos solutions et ensuite que vous nous envoyez des e-mails afin de savoir si notre solution était bonne. Nous vous félicitons pour tout cela, nous espérons que vous continuerez à faire des problèmes aussi bien expliqués. Nous voulions vous dire comment nous apprécions votre magnifique travail.
Deux élèves

Je voudrais vous remercier pour votre site CAMI. Vous avez ouvert l’esprit de défi dont nos fils avaient besoin en mathématiques.
Un parent

Certains élèves ont de la difficulté en classe, mais ils pouvaient résoudre des problèmes de CAMI en utilisant leurs stratégies. Les élèves étaient très valorisés en voyant leur nom apparaître sur le site.
Une enseignante

Les élèves qui participent régulièrement ont développé des habiletés, en ce sens qu’ils voient que pour se faire comprendre par les autres, il faut avoir de bonnes habiletés dans la façon de communiquer ses informations.
Une enseignante

J’avais peur d’utiliser les TIC, car je croyais que c’était trop difficile et que ça ne fonctionnait pas. En utilisant CAMI, j’ai vu que ce n’est pas compliqué.
Une enseignante

On a appris plusieurs choses et nous avons même eu la chance d’observer de plus près comment les élèves interprètent et résolvent des problèmes mathématiques. De plus, nous avons appris comment construire des rétroactions constructives sur lesquelles les élèves pouvaient se baser afin de s’améliorer la prochaine fois. En général, nous avons bien apprécié effectuer ce projet et espérons en faire d’autres aussi utiles dans le futur.
Une étudiante en formation à l’Université de Moncton

Un court sondage, effectué en juin 2001, auprès d’élèves, d’enseignantes et enseignants et d’étudiantes et étudiants a également permis de connaître le niveau de satisfaction à l’égard du projet CAMI (Vézina et Langlais, 2001). Les résultats furent très positifs. Ces derniers expliquent d’ailleurs pourquoi le projet a continué de se développer depuis sa mise sur pied en septembre 2000.

En guise de conclusion : nos projets futurs

L’équipe du CAMI travaille constamment à l’amélioration du projet. Ce travail s’effectue dans différentes directions. Premièrement, nous avons amélioré le formulaire électronique de l’élève afin de permettre l’utilisation d’une plus grande variété d’outils de traitement de texte. De plus, nous avons placé en ligne des questionnaires pour les élèves et les enseignants afin de prendre le pouls du projet et de mieux connaître les besoins de tous les participants. Actuellement, nous travaillons à l’amélioration de notre moteur de recherche dans la banque de problèmes archivés du site.

Nous désirons également trouver des moyens pour augmenter le nombre de jeunes qui participent aux activités du CAMI (y compris des jeunes issus de différents milieux francophones) et développer davantage la composante recherche du projet. Les membres de notre équipe participent donc activement à la promotion du projet par des présentations, soit au niveau local (Langlais, 2002 ; Langlais et Vézina, 2001), au niveau provincial (Langlais, 2004b ; Vézina, 2002 ; Vézina et Langlais, 2001), au niveau national (Langlais, 2004a ; Freiman et Langlais, 2004, Freiman, Vézina et Langlais, 2004), et même au niveau international (Freiman, 2004 ; Vézina, Freiman et Langlais, 2004).

Depuis la mise en œuvre du projet, nous avons placé, dans le site, 480 problèmes différents répartis selon les quatre catégories mentionnées précédemment. Nous avons reçu plus de 10 000 solutions d’élèves provenant des quatre coins de la province. Les quelques 400 étudiantes et étudiants de l’Université de Moncton, qui ont participé au projet, ont acheminé plus de 7 000 rétroactions aux élèves qui avaient fait parvenir leur solution par l’entremise du formulaire électronique ou du courriel. Un outil pour évaluer l’audience du site nous a permis de savoir que plus de 30 000 visiteurs avaient exploré le site durant ces quatre premières années de fonctionnement. Nous sommes donc convaincus que le projet CAMI est une expérience très enrichissante, et ce, pour l’ensemble des intervenants impliqués (élèves, enseignantes et enseignants du milieu scolaire, étudiantes et étudiants en formation initiale, responsables du projet, etc.). Le rapprochement entre la résolution de problèmes, la communication mathématique et l’utilisation des TIC semble donc être une combinaison gagnante.

Remerciements

Un projet ambitieux comme le CAMI ne peut être réalisé sans la collaboration de différentes personnes et organisations. Nous sommes reconnaissants du travail accompli par notre équipe d’assistantes et d’assistants, de programmeurs et d’étudiantes et d’étudiants. Nous voulons également remercier différents organismes qui ont contribué de près ou de loin au bon fonctionnement du projet, notamment l’Université de Moncton, la Faculté des sciences de l’éducation, la Direction générale des technologies, les écoles participantes, le District scolaire 1 du Nouveau-Brunswick, le Ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, le programme RESCOL à la source, la Société Mathématique du Canada et les responsables du MathForum.

www.umoncton.ca
www.district1.nbed.nb.ca
www.gnb.ca/0000/index-f.asp
www.www.rescol.ca/alasource/f/accueil/index.asp
www.smc.math.ca
www.mathforum.org

Références

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Lampert,M. et Cobb, P. (2003). Communication and Language. In J. Kilpatrick, W.G.Martin etD.Schifter (dir),A Research Companion to Principles and Standards for School Mathematics (pp.237-249). Reston,VA : National Council of Teachers of Mathematics.

Langlais,M.(2004a)Chantier d’Apprentissages Mathématiques Interactifs (CAMI),31e session de perfectionnement du GRMS. Chicoutimi,Québec, le 28 mai 2004.

Langlais, M. (2004b) Chantier d’Apprentissages Mathématiques Interactifs (CAMI), Le 4e Congrès de l’APTICA. Moncton, Nouveau-Brunswick, le 14 mai 2004.

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